Création partagée 2016 pour l’atelier théâtre amateur les Gobelets

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La répartition des mouches

de Jean Cagnard

mise en scène : Catherine Vasseur

Maison pour Tous André Chamson –  Montpellier

Le 17 juin 2016 – 20:00

Réservations : 04 67 75 10 55

Cette histoire conte avec une âpre cocasserie, les cassures et déchirures de la vie. Elle met en jeu un constat réaliste ou poétique de l’état du monde, avec pour thème récurrent la solitude. Dans un style quotidien et surréaliste, on croise, entre autres personnages, l’Homme avec lequel on se sent seul quand on se trouve dans une pièce avec lui, le Père Noël, le Fou Intérieur, des amis… toute une population qui vient nous raconter « sa » solitude, « notre » solitude !

« La solitude, ce n’est pas nouveau, ça commence à la naissance quand fermement convaincu d’une vie de proximité par neuf mois démonstratifs, on vous lâche dans l’oxygène où commence la dilution. Bonjour le monde. Ensuite, il se peut que nous contractions un sentiment d’appartenance envers cet endroit, la Terre, avant de comprendre qu’il ne s’agit là encore que d’un passage puisque la mort, depuis le premier jour, est prête à une nouvelle expulsion de nos désirs vers ailleurs. Fragilité.

Vivre, c’est comme appartenir à un noyau qui, à l’instar de l’expansion de l’univers, grossirait sans cesse, au détriment de la chair et du fruit, et éloignant l’un de l’autre chaque point posé à sa surface, chaque individu débarqué là. Vivre ressemble assez souvent à un paysage lunaire, les gens isolés par des distances d’étoiles. En levant le bras on peut toucher le ciel, mais le ciel n’a pas de commencement alors tout geste vers l’autre est comme insupportablement vain. La grosse machine du monde, minéral, social, politique, nous entraîne dans des distances astronomiques, où le voisin de palier a forcément une gueule de cosmonaute et une violence à la place du langage. La solitude s’attache à la personne, à la communauté, à la rue, au quartier et prétendre se rattacher à la marche du monde c’est comme plonger son couillon de bras dans le ciel pour toucher les petites choses brillantes qui s’y trouvent.

Six milliards et demi de gens sur terre, voilà une belle grappe, mais encore une fois, comme la constitution atomique de la matière, c’est le vide entre les particules qui identifie particulièrement la masse. »

Jean Cagnard


 

Avec Françoise de Blomac, Solange Bonnisseau, Charles Coussy, Joël Dumouseau, Christine Ferrara, Hervé Gaidoz, Françoise Plauzolles, Jacques Seror



 

 

Texte écrit pour la compagnie Mises en Scène (Avignon) – création 2010

Durée 1 heure 20

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